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  • Damien

Traversée de l'enfer - Syrie

Mis à jour : 10 mai 2019

Nous avons toute la journée pour arriver à Homs. Nous y passerons la nuit avant de partir à Palmyre

Apres un bon petit déjeuner à base de Nutella… Nous avons deux courses à faire: envoyer une carte du coté de Bordeaux et acheter du thym.


#ONTROUVEDETOUTAALEP

Adel m’a suffisamment rabâché qu’on peut trouver de tout à Alep. Il me raconte même l’anecdote d’un groupe de français qui avait voulu manger des grenouilles…et dont un restaurant aleppin avait réussi à lui mettre à la carte le lendemain.

Pour moi, ce fut de trouver des cartes postales. Rien de compliqué, nous en avons trouvé au détour d’un magasin dans le souk.


Nous déposons donc la carte postale et ils l’affranchissent avec un suivi. Je n’ai pas le choix. Elle devrait arriver d’ici un mois du coté de l’hexagone. Affaire à suivre.


Demain à Palmyre, nous serons accompagnés par un colonel de l’armée syrienne. Nous devions prendre contact avec lui pour savoir comment s’organiser. Il a demandé à Adel de lui apporter du thym d’un marque particulière. Ils préparent ce thym avec de l’huile d’olive et du sésame. Le thym est déposé dans un grand bol et ils versent l’huile dessus. Un bout de pain et il suffit de tremper pour se régaler. Je pense pas avoir l’occasion de tester d’ici mon départ…donc je vais les croire ;-)


Nous partons d’Alep. Hier, nous n’avons pas pu visiter unes des fabriques du fameux savon d’Alep.

Mon frère m’a envoyé une video montrant justement qu’un fabricant était partis dans la banlieue alepinne.


Nous demandons plusieurs fois notre chemin. Enfin sur la direction de la zone industrielle dont je n’ai pas retenu le nom. Plus nous roulons, plus les bâtiments sont détruits. Je ne m’y ferais jamais.



Sur une ligne droite, entre deux villages, je sens Adel tendu. Il me dit « Je n’aime pas ici. Je préférerai faire demi-tour ». Hors de question de lui faire prendre des risques ou de le mettre dans une position inconfortable. Demi-tour et direction Homs, deuxième ville du pays.


#UNIVERSITE

Nous échangeons sur l’admission en Université et plus largement l’éducation syrienne.

Il existe deux bacs généraux (scientifique et littéraire) et des bacs techniques. Seuls les trois premiers régionaux des bacs techniques peuvent prétendre aller à l’université.

Pour ce qui est des admissions, je reste sur le c**. Les notations du bac sont sur 240 points. En vérité 260 avec la matière religieuse qui n’est pas prise en compte dans la notation car elle est controversée (trop facile pour les musulmans, trop dur pour les catholique…et vice-versa).

Revenons aux admissions. Pour entrer en médecine, il faut minimum 238 points (sur 240!), 234 en pharmacie et plus de…220 pour pouvoir prétendre aux autres cursus universitaires. Le niveau est très relevé et d’ailleurs, le bac syrien est à priori reconnu dans le monde entier.


La route est longue…nous parlons de tout et de rien. On aborde le sujet de l’islam. Il me fait savoir que dans l’Islam, en cas de relation sexuelle pour des non-mariés, ce sont des coups de fouets et la lapidation lorsqu’on est marié. Ce sont les coutumes et la religion. Je ne suis pas la pour juger. Il insiste que tant l’homme que la femme doivent subir ce châtiment. Il reste pensif en me disant qu’a l’époque ou il est venu en France, il avait vu des femmes se voiler par peur. Il leur était dis qu’elles se feraient violer si elles ne mettent pas le foulard. WTF. C’est pas l’Islam ça!


Nous dérivons sur les sujets que nous vivons en France tant sur la montée de l’extrémisme que l’assistanat qui pour moi sont en train de faire un mal fou à notre pays. Nous devons arrêter cela et agir avec beaucoup plus de poigne.


A l’aller, nous avions évité le centre ville d’Homs pour aller à Alep. Cette fois-ci, nous allons traverser par le quartier nord pour rejoindre l’hôtel.


#HORREUR

Nous demandons notre chemin et on nous indique une route vide. L’allée semble longue et on ne voit pas le bout. Nous avançons doucement sur cette route laminée par tous les fléaux de la guerre. Les maisons en R+1 maximum sont toutes détruites. Celles avec des poteaux au milieu tiennent encore, les autres s’affaissent sur l’un des cotés…ou se sont totalement écroulés.

Des impacts de balles se multiplient plus nous approchons du centre. J’aperçois des trous de la taille d’un cerceau dans les murs en rez-de-chaussée…qui ont transpercés plusieurs bâtiments voisins. Il s’agit d’impacts de canons de chars qui transperçaient plusieurs maisons.

C’est un mauvais cauchemar où la surface de la terre a été détruite. Nous sommes seuls au monde. Les bâtiments sont de plus en plus grands. C’est de plus en plus choquant de voir ces quartiers entiers, vides et détruits. Je m’en veux d’être ici, d’y avoir amené Adel. Il n’y a pas de mots suffisamment forts pour décrire l’horreur de ces lieux. Accrochez-vous pour regarder les photos!




Nous arrivons à l’hôtel. C’est pas le luxe. On récupère la chambre. L’électricité saute une première fois et revient le temps de faire le nécessaire avec mon passeport. « Merci madame, nous allons plutôt monter à pied! ».

Pas envie de rester coincé dans l’ascenseur!


On part faire un tour dans Homs. J’aime me balader en fin de journée. L’atmosphère et la luminosité n’a pas d’égal de ce que j’ai pu voir en Europe. Il y a de la chaleur dans cette obscurité.



Cet hôtel est une vraie étape de caravaniers. Un caravansérail qui nous offre aussi le repas ;-)

Il se limite à quelques plats posés sur une table pour les hôtes. Un peu de salade de tomate et de blé et ça ira.


J’écris ma journée d’hier et je commence à trier quelques photos avant de m’endormir.


Pas d’électricité. Je demande à Adel qui me dit que c’est normal. Des LEDS sont mises à disposition pour combler ces coupures d’électricité…qui semblent fréquentes! J’appuie sur tous les boutons de la chambre mais peu s’allument.

C’est pas grave je ferais mon sac demain matin à la lumière du jour.

Je me couche difficilement mais je finis par m’endormir vers minuit.


4h du matin, toutes les lumières de la chambre s’allument. Le téléphone émet le son de chargement. Je saute de frayeur de mon lit.

LE COURANT EST REVENU! Fuck!

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© 2017 par Damien Catala

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