• Damien

Les ruines de Palmyre - Syrie

Mis à jour : 10 mai 2019

La nuit a été assez mauvaise. L’hôtel est plutôt vétuste. Les fenêtres épaisses comme du papier cul.


Nous devons décoller à 8h car aujourd’hui un colonel vient avec nous.

Le petit-déjeuner m’emballe pas vraiment. Je prends juste un Nescafé soluble.


Direction Palmyre. On se trompe plusieurs fois de chemin. Adel n’a pas un sens aiguë de l’orientation…et difficile pour moi de l’aider. La majorité des directions sont indiquées en Arabe.

A un croisement le colonel nous attend. Je lui propose de monter devant. Il refuse pour que je puisse profiter de la vue.

Le paysage est vert. A la différence de ce que je pensais avant de venir. Il a plu anormalement cette année. Sur la première partie, nous traversons des champs d’oliviers et d’amandiers. Doucement, une genre de steppe s’installe pour finalement nous entourer complètement. Deux chaines de montagnes sur notre droite et notre gauche, elle se rejoignent finalement à Palmyre. L’une arrive directement de Damas et l’autre d’Alep.



Il y a de nombreux check-points en chemin. C’est la première fois depuis que je suis en Syrie que je vois des caisses…et des caisses de munitions sur les check-points. A mon avis, elles sont vides et ne servent que d’abris et/ou de protection.


Il y a de nombreux talus au delà du contrôle. C’est les lignes de front de l’armée syrienne qui avançaient sur Daesh.


Nous passons devant un aéroport militaire au loin. Le colonel me fait savoir qu’il n’y a pas de Mirage mais uniquement des MIR. Cette base a été encerclée par les extrémistes mais l’armée l’a défendu avant de faire fuir les rebelles. Quelques kilomètres plus loin, c’est la « Fourth Station ». Il s’agit d’un point relais du gazoduc Iraquien allant à la cote syrienne. La station est fermée depuis de nombreuses années suite aux tensions qui existent entre les deux pays.


Selon ce que je comprends, il reste de nombreuses poches de Daesh dans certaines parties du pays. Adel me dit que sans l’autorisation que nous avons, il ne peut même pas aller lui-même à Palmyre. Il y a eu 1 000 morts pour l’armée syrienne dans cette immense vallée qui permettait de reprendre des positions indispensables pour la reprise de Palmyre.


#FRATRIE

A chaque check-point, le colonel salue et est salué. Que ce soit par le lieutenant ou le simple soldat, ils se saluent tous chaleureusement, se serrent la main et semblent heureux de se voir. C’est avec pas mal d’émotions que l’on contemple ces « retrouvailles » ou simplement ces moments de joie dans un contexte compliqué. Certains des lieutenants étaient au front ensemble durant les combats. Ils ont en grande partie combattus ensemble Daesh.

L’un d’eux m’a particulièrement touché. Nous arrivons à un contrôle et sur notre gauche un lieutenant, assis un peu plus haut aperçoit le colonel. En une fraction de seconde, il lève ses 140 kg au bas-mot pour venir l’embrasser chaleureusement. Le sourire au lèvres et encore une fois cette joie de se revoir. En partant, le colonel nous indique qu’il a mangé 4 combattants de Daesch ;-)


Nous continuons notre route jusqu’a Palmyre. La ville est en contre-bas. Mis à part le fort en hauteur, rien ne laisse penser que cette ville a été assiégée autant de temps. La descente me fait vite déchanter. Les maisons sont exposées. Il n’y a que des militaires, une épicerie et un restaurant. Restaurant est un bien grand mot. Il s’agit d’un endroit pour manger un sandwich.



La ville est dévastée. Nous la traversons pour arriver à l’entrée du site archéologique. Il nous indique que la prise de Palmyre ne s’est pas faite avec les armes lourdes mais aux sol pour éviter un maximum les dégâts sur le site archéologique.

Le sites est très vaste. Il est composé du temple de Baal. Il s’agit d’un Dieu local très important. C’est l’équivalent de Jupiter: le dieu de l’univers.


#PALMYRE

Je vais vous la faire le plus court possible pour éviter de broder des conneries. Palmyre a été une très grande ville de commerce durant des siècles. Ce fut l’une des principales villes du commerce de l’empire romain. Elle avait d’ailleurs obtenu sont indépendance (hormis quelques taxes!). Ainsi de richissimes commerçants ont fait prospérer cette ville, tout en la défendant des différentes attaques. En effet, l’argent amassé par les palmeryniens leur permis de défendre la ville contre les différents assaillants. Il faut savoir qu’a la différence d’autres villes, Palmyre se trouve dans une zone désertique…et donc difficilement atteignable.

A la mort du roi de Palmyre, son fils étant trop jeune, c’est sa femme qui a pris le pouvoir de la ville. Elle défia les romains qui, après avoir réglés leur compte à des tribus germaniques, revinrent prendre Palmyre et se vengèrent en arrêtant totalement le commerce de la ville. C’est à ce moment qu’arriva le déclin de la cité.


Le site est magnifique entre le lac, l’oasis de palmiers et les deux montagnes. Ainsi nous avons pu visiter le temple de Baal et son enceinte. Adel était très ému car le temple, qui trône/tronait au milieu est détruit. Seul, une arche tient encore. Nous cherchons donc quelques traces de celui-ci dans les décombres.

Les explications sont vraiment interessantes.


Nous tombons sur le reste de ce qui fut un champs de guerre où des hommes sont tombés au combat.



La suite de la visite concerne l’allée de colonnes, l’agora, les bains, l’amphithéâtre… C’est très interessant et agréable de s’y balader.



#PIMPAMBOUM

J’entends des coups de fusils, puis des coups de canons, puis des rafales…Le militaire qui nous accompagne nous fait signe que c’est simplement des entrainements.

J’ai l’impression que pour notre venue ils ont essayé toute l’artillerie à dispo…

Sur le site, nous avons trois contrôles différents pour vérifier qu’on a bien le droit d’être ici. Pendant ce temps, le colonel ramasse des « truffes blanches ». Il nous donne une poche.


Nous repartons pour Al-Meshtayeh, petit village en face du Crac des chevaliers.

En chemin, nous déposons le colonel. Cette fois-ci c’est dans le camps militaire. Le camp semble immense en superficie mais il ne semble pas y avoir tant de militaires, ni d’armes que ça. C’est une ambiance assez étrange qui ressemble plus à un camps occupé qu’une base militaire. C’était étrange. Le colonel me fait souligné que c’est une première qu’un étranger se retrouve ici.


Nous nous arrêtons en chemin boire un expresso…en bord d’autoroute. J’ai la dalle. Il y a rien qui me donne envie.


Je bloque sur un jeune homme. Il a la main un gros ressort a poignées qu’il fait bouger avec sa main gauche. Adel me dit qu’il s’entraîne le poignet. Il entraine sa main pour avoir une meilleure poigne. Ok mon grand! Ici les hommes se serrent souvent la main.


Nous nous installons à l’hôtel puis allons manger dans un restaurant à coté.

Je prends un poulet grillé frites qui arrive dans une marmite avec du pain au sésame dessus. Une tuerie. J’ai mangé un poulet…pendant qu’Adel mange sa pizza végétarienne.


Derrière nous, à table, des hommes mangent. Ils picolent aussi. La bouteille de Whisky est presque vide et on ne voit que le cul de la bouteille de rouge dans le seau. La musique résonne. J’aime bien cette ambiance.


Nous allons nous coucher et le tonnerre gronde.


Je pense pas dire des conneries mais à chaque coup de tonnerre deux trois voitures dans la rues se mettent à sonner. C’est très étonnant mais au bout de 5 fois….je me dis que c’est plus le hasard. Le pouvoir magique de la nature sur la technologie ;-)


Bonne nuit.

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© 2017 par Damien Catala

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