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  • Damien

Detente à Pol-y-Sayot - Afghanistan

Mis à jour : 26 mai 2019

Cette journée doit etre plus détente que les précédentes. C’est mon dernier jour en Afghanistan.

Pol-y-Sayot est une ville au bord du Panjshir qui est fréquentée par les Afghans pour les pic-nics et se détendre hors de Kaboul.

On décolle un peu plus tard que d’habitude car c’est moins loin que nos dernières sorties.

Je demande Mobin de s’arrêter a Kaboul pour acheter quelques petits souvenirs.

Nous allons donc dans le quartier moderne de Kaboul. Une rue est dédiée aux vendeurs de bijoux, souvenirs sur l’Afghanistan et tapis.

On en fait quelques uns! Je trouve trois petits trucs qui me vont bien! Je veux pas m’éterniser la.


La veille j’ai demandé à Mobin si je pouvais envoyer une carte postale en France. On s’arrête donc chez un libraire. Il y a quelques cartes postales. Les couleurs sont ternes. Je pense que ces cartes sont la depuis un moment...

Je commence à prendre quelques cartes pour les ecrire à la Guest House tranquillement…Je me ravise.

Il me propose de les envoyer lui meme. Mobin me fait comprendre qu’il serait bien que ce soit le commerçant qui les envoie.

J’ai pas envie d’écrire 5 ou 6 cartes dans la hâte. Je les repose toutes et en garde une seule pour pour Sylvie et Jean-Pascale. Je pense que ça fera leur fera plaisir car JP a un ami qui collectionne les timbres de partout dans le monde...j’espère qu’il n’a pas un timbre Afghan!


Farah a assuré car sur la route pour Pol-y-Sayot. On entendait les mouches voler dans la voiture. Abdullah, Mobin et moi-même étions creuvés de la veille.

En approche de Pol-y-Sayot, Mobin fait arrêter la voiture.

La vue était magnifique. La pleine verdoyante, traversée par une rivière, s’étend sur plusieurs kilomètres avant de s’arrêter aux pieds des montagnes enneigées du Panjshir.

C’est la plus belle vue que j’ai eu jusqu’à présent en Afghanistan. Je crois que c’est le contraste entre les montagnes arides et cette vallée arborée (bien verte!) qui me manquait.


« Maintenant je vais te raconter l’histoire d’Abdullah » me dit Mobin!

Mobin et Abdullah me montrent un village en contre bas, dans la plaine. Il s’agit du village natal d’Abdullah. Le village a été attaqué et bombardé de nombreuses fois par les Russes qui soupçonnaient, a juste titre, la présence de Moudjahidines.

Les villageois étaient alertés par les résistants et fuyaient dans le village qui se trouve à environ 5 kilomètres en attendant que la situation se calme. De nombreux membres de sa famille et amis sont morts dans cette plaine qui s’étend sous mes yeux. Je sens qu’il ne reste pas indifférent à cet endroit. C’est tres touchant.

Abdullah a été résistant dans ces plaines et dans le Panjshir pendant de nombreuses années. Sa tenue est celle des moudjahidines. Il est entré dans la résistance à 17 ans.


Nous arrivons en ville. On s’arrête d’abord acheter quelques gâteaux pour le dessert de midi.



Les restaurants se succèdent les uns aux autres le long de la rivière. L’endroit est charmant. Je comprends mieux pourquoi les afghans viennent s’y détendre le weekend.

Des « terrasses avec tapis au sol » sont installées sur l’eau...Manger assis sur des tapis au bord de l’eau. C’est le pied!

Mobin me fait signe de venir vers le restaurant. Le proprietaire m’ouvre deux frigos en me disant « choose ». Des poissons de tailles moyennes dans l’un et des poissons à friture dans l’autre.

On en choisit donc un chacun. Je prends quelques photos pendant qu’ils pèsent notre déjeuner. J’avais l’impression de Bali et cette plage ou nous choisissions le poisson au kilo pour ensuite le manger sur place.

En revenant vers la « terrasse », deux serveurs nettoyent les poissons...dans la rivière...au bord de la cabane! On oublie une nouvelle fois toutes règles d’hygiène! On aperçoit ça et la des poches plastiques dans l’eau…



On s’installe donc tranquillement dans notre petit coin privatisé ;-)

Un musicien s’arrête pour nous faire signe de jouer. Dans un élan d’enthousiasme,je sors un billet pour une petite chanson.


Finalement il restera avec nous pour déjeuner...Mettant dans un doggy bag ce que nous n’avons pas mangé.


Le moment est parfait! La musique, une belle vue, l’air frais de la rivière et ces jolis poisson pour déjeuner.

Sauf que...j’ai pas aimé le poisson! C’est bien dommage mais je n’ai vraiment pu manger que les morceaux bien frits. Frire enlève une partie du goût!

En ce qui concerne la texture du poisson, rien de bien nouveau. Il y avait beaucoup d’arrêtes et un arrière goût de terre… Je me suis donc concentré sur mon nan et les légumes.

Le musicien reprend du service. Abdullah l’accompagne au tambour avec le cul de la théière, Mobin filme et nous tapons le rythme dans nos mains avec Farah. Tout le quartier s’arrête pour voir ce Boys Band Afghan. On commence à se projeter dans une tournée à travers le pays! ;-)



Apres 5 ou 6 chansons, nous parlons avec ce chanteur qui nous raconte l’histoire d’un iranien qui s’est fait pendre… Il y a une dizaine d’années des bandits avaient essayé de dérober à une femme ses bijoux. Ici, il ne faut pas toucher les femmes...que ce soit pour voler des bijoux ou tout autre chose.



Les villageois étaient intervenus et l’homme s’était fait pendre par le chef de la police.

Je ne peux pas vous dire comment nous en sommes arrivé à cette discussion...mais ce fut vraiment le cas!


BOUM, BOUM!

Abdullah saute sur son fusil posé entre nous!

Tout le monde lève la tete et regarde sur l’autre rive. Il s’agit de chasseurs. Tout va bien! Nous avons simplement été surpris.

Le coin est connu de tous pour les chasseurs de gibier à plumes.

Le long de la rivière des chasseurs se postent avec de faux canards, grues… pour attirer les oiseaux qui passent.

A vrais dire, heureusement que je n’étais pas un canard. J’ai mis bien 10 min à voir que les oiseaux posés dans l’eau étaient...faux!

Autour des restaurants, nous sommes dans la vallée. Le cours d’eau, les chasseurs et les montagnes en fond apaisent l’atmosphère et rendent l’endroit très agréable.

Je leur demande d’aller faire un tour dans le bazar (rue commerçante) pour prendre les dernières photos du voyage.



On croise des commerçants tres contents de prendre des photos. Ils me sollicitent meme. Je suis un peu déstabilisé par l’un d’entre eux qui me demande si je suis musulman. Je fais traduire que je suis athée mais il insiste pour que je devienne musulman… Il s’agit d’un homme avec le contour des yeux d’un noir intense.


Quelques metres plus loin je prend une photo d’un magasin - exactement d’une cartouchière suspendu en l’air. L’homme sort du magasin et commence à s’énerver. Je comprends pas bien ce qu’il se passe mais mon chauffeur tente de le calmer un maximum...Ce qu’il arrive à faire! Je crois comprendre qu’il n’aime pas trop mon style. Un européen avec la barbe et cette tenue peux faire penser à Daesh. A priori c’est clairement ce qu’il pensait.


Je finis la visite du bazar plus calmement qu’elle n’a commencé.



Nous rentrons sur Kaboul pour ma dernière soirée…


Sur le chemin, je leur rappelle que je veux absolument essayer de fumer du Haschich Afghan. Ils voient des jeunes dans la rue en train de fumer.

Farah s’arrête. Il leur demande si je peux fumer avec eux…

« Non non je veux fumer tranquillement à la Guest House. Je fume jamais! Je veux etre au calme! ». Je ne me vois pas fumer un petard en pleine rue à Kaboul. L’expérience aurait pu etre interessante mais pour une première fois...Je la joue « safe ».

On leur prends donc un morceaux et on rentre.


Le repas du soir sera sous le thème de l’Islam et des croyances. Mobin me fait un cours magistral sur l’Islam et sur la vie apres la mort. Malheureusement, c’est un peu cause perdu avec moi. Je ne pense ni me réincarner, ni aller au paradis ou en enfer. Je pense d’abord à ma vie pour découvrir, tester et en profiter au maximum.

Cette discussion m’ouvre les yeux sur quelque chose. La vie apres la mort et le but ultime des musulmans. C’est la promesse d’un paradis où tout est gratuit et à disposition. Mobin me dit texto: « Mon frère, si on ne se revoit pas, j’espère qu’on se retrouvera au paradis. On mangera gratuitement, on prendra l’avion gratuitement car tout est gratuit. Il y aura aussi autant de femmes que tu veux et elles seront plus belles que toutes celles que tu peux imaginer. ».


Il a touché une corde sensible avec ces derniers mots :-)


Ils passent leur vie à prendre des « crédits » pour que Allah leur permette cet accés au Paradis.

Il m’explique que Allah est la pour montrer la bonne voie afin de vivre plus heureux et sans douleurs.

Sa vie semble dictée par la religion. J’ai l’impression que son objectif de vie est de prendre un maximum de « crédits » en faisant le maximum de bonnes actions (qui le comble de joie sans aucun doute!) tout en respectant scrupuleusement ce qu’Allah lui demande.

J’ai un peu de mal à comprendre cette vision de la vie. Ne pas vivre à 100% ce qui nous est offert par la vie par crainte d’aller en enfer.

Je ne juge pas. Chacun est libre de ses croyances. Les miennes sont différentes.


ANECDOTE

Il me raconte que le Coran dis que les musulmans ne doivent pas se brosser la barbe!

En effet, Allah ne veut pas que les musulmans se fassent mal en se brossant la barbe avec le peigne. Allah est bienveillant

Cet exemple est significatif du message que Mobin veut me faire passer. Allah, par le biais du Coran, interdit une multitude de choses dans le même état d’esprit qu’un père de famille qui dirait à son fils « Ne mets pas les doigts dans la prise! ». Il en va de meme pour l’alcool, le porc (plein de bactéries!) ou d’autres sujets.


Retour à la Guest House pour...fumer du Haschich afghan.

Abdullah s’est proposé de me préparer la cigarette. D’abord, il vide le tabac de la cigarette pour ensuite mélanger les morceaux de H avec le tabac. Il remet le mélange à l’intérieur. A priori, c’est du travail de pro ;-)

Le contexte est marrant. Imaginez qu’il prépare ça dans une cabane blindé de la Guest House avec pour fond les cameras de sécurité et sur le lit de camp deux armes d’assaut, dont une kalashnikov. Tapez moi que je me réveille!

La suite est bien moins fun! J’ai fumé comme j’ai pu...Ne sachant pas fumer! Nous avons cependant finis le joint tous les deux et j’ai eu les prémices de quelques rires mais rien de bien notable.



Le sac est fini! Demain 4h50 debout pour etre en avance à l’aeroport.


Je remercie tout le monde et remet un petit « tips » pour leur hospitalité. J’ai vraiment été touché de rencontrer des gens comme eux. Ils sont fiers et reconnaissant que je sois venu découvrir leur pays.


I love Afghanistan.


Bye bye

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© 2017 par Damien Catala

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