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  • Damien

Deuxième jour à Kaboul - Afghanistan

Mis à jour : 26 mai 2019

Il est 4h15 et le réveil sonne car nous devons partir de l’hôtel 15 minutes plus tard. Nous avons notre vol retour pour Kaboul à 6h30.


Nous arrivons à 9h à la Guest House et je suis déjà eclaté. Je ne sais si c’est la pollution, le rythme de la vie ici...mais je suis pas super en forme.


Je préfère dire au guide qu’on reste ici jusqu’à 11h que je puisse me faire une bonne sieste.



Un nouveau Perahen tonban!

Pour environ 15 euros, je serais idiot de pas ramener une autre tenue afghane. Pour être sincère, on y est sacrément bien. Je sais pas si j’irai faire les courses avec mais j’en veux une deuxième d’un joli bleu foncé. Direction le tailleur, choix du tissus, négociation, négociation puis négociation...et prise de mesures. On y retournera en fin de journée pour le récupérer.



Direction le restaurant et un bon petit poulet grillé. Le riz est tellement bon ici. Il y mette du safran quelques raisins et des « filaments oranges ».



Après le déjeuner, nous avons décidé d’aller aux Jardins de Babour. Il s’agit d’un jardin immense avec plusieurs temples, une piscine, un caravansérail… Il nous faut traverser la ville pour y arriver.



En chemin, nous croisons plusieurs étudiants sur le trottoirs en train de faire leurs devoirs… Je n’ai pas de réelles explications: enfants des rues? Domiciles trop loins? Ou simplement qu’ils sont à la bourre avant de rendre leur devoir…Je mise moins sur cette dernière option.


C’est quand même assez choquant!



CONTRÔLE DE POLICE


Dans un carrefour bondé, un policier nous demande les papiers...Et il commence à me parler avant que le conducteur lui explique que je ne suis pas afghan.


Je sens que quelque chose ne va pas. Je les vois rigoler puis je commence à comprendre qu’ils négocient aussi.


En fait,mon chauffeur n’a plus le permis (licence expirée) depuis quelques mois et c’est donc environ….12€ l’amende.


Un petit billet de 100 afghanis (3€) lorsqu’il lui rend sa licence et c’est réglé. On a corrompu un policier afghan. Oui oui je fais partie de la bande qui a fait ça ;-)


Direction les jardins de Babur...Rien d’exceptionnel sauf une discussion déroutante. Je demande à Mobin ce qui se passe en Afghanistan en cas d’adultère? Après m’avoir vendu les vertus de l’Islam, il me glace.



Il me dit ouvertement qu’il arrive à l’homme et à la femme des « big problems ». Je creuse donc et feint de ne pas savoir. « Je ne sais pas dans quel pays mais j’ai cru voir qu’une femme avait été brûlée vivante pour adultère. Est-ce que c'est quelque chose qui peut arriver? » J’ai eu droit à un mouvement de tête qui veut tout dire…


J’ai préféré arrêter la discussion car je le voyais dérangé et j’étais dans le même état… Il faut que je lui demande où c’est écrit dans le Coran. Je vais essayer de creuser plus sur la place de la femme ici. Passons pour cette fois!



Je sens que l’on commence a être un peu a bout de monuments à visiter sur Kaboul. Il faut dire que la ville a subi beaucoup de pillages dans l’histoire et l’histoire récente n’a rien arrangé avec la guerre.


Je leur montre donc une montagne avec des petites maisons. On peut y aller?



En montant, je me suis posé la question de savoir s’il s’agissait d’un bidonville… Beaucoup de maisons ne sont pas accessibles par la route. Nous empruntons la seule route qui dessert ce « quartier ». D’ailleurs ce n’est pas une route mais un chemin en terre. Les maisons sont en terre cuite, des tas de déchets s’entassent les uns sur les autres, au milieu les enfants jouent, des robinets communs et j’apprends qu’il y a un gros soucis de propreté de l’eau...A bon!


On continue de monter...et on est à flanc de ravin! « J’ai une confiance absolument en mon chauffeur, j’ai une confiance absolument en mon chauffeur, j’ai une... »


La vue est saisissante. Nous arrivons sur un plateau avec au premier plan un terrain de foot improvisé par les enfants et au second plan un plateau avec deux canons.


Les canons ne sont pas la pour la guerre… mais c’était le moyen de communication pour annoncer le début et la fin du ramadan tous les jours.



Après quelques photos, nous repartons. Direction le Birds Market qui est un bazar de Kaboul. Il s’agit en fait du Bazar du vieux quartier de Kaboul. J’aime tellement cette ambiance! Un bordel monstre ou tout le monde à l’air de se retrouver.


Le Bazar est décomposé d’univers comme à « Babou ».


50 mètres dans le bazar que Mobin me demande déjà si je veux pas m’arrêter boire un thé. J’accepte volontiers car il s’agit un petit « Tea shop » des plus typique. Il y a le propriétaire à gauche en rentrant assis derrière deux cuves. L’un pour le thé vert et l’autre pour le thé noir. Il nous propose d’aller nous asseoir soit sur les bancs soit sur les tapis par terre. Il nous amène, comme partout ici, une théière, des verres et du sucre. Pour nettoyer le verre, nous y mettons un peu de thé au fond que nous faisons tourner et que nous jettons avant de se servir.


Le thé est délicieux!


J’insiste pour payer la note à mon guide et au garde…sauf que le propriétaire me dis que je suis son invité! Il nous offre le thé! Si c’est pas de l’hospitalité ça.



Nous commençons par la partie réservée aux vendeurs d’oiseaux. Il y en a tellement et Mobin m’explique que ces oiseaux sont achetés pour trois raisons: les manger, les apprivoiser en animaux de compagnie ou pour « la bagarre ».


Les Afghans sont friands des combats d’oiseaux. Il m’explique qu’ils font des combats de faucons ou d’aigles...mais j’en aperçois aucun au marché. Il m’en montre un que je pense être un faisan mais n’étant pas chasseur…


La visite se prolonge par la partie vêtements, ceintures, chaussures…


Les gens sont souriants et certains me demandent spontanément des photos. J’arrive à en prendre quelques une à la volée mais il me demandent d’être très vigilant avec les règles…





Nous rejoignons la voiture mais Mobin s’arrête devant des ceintures. Il est tout le temps en train de vouloir acheter des trucs (fleurs, légumes…). D’ailleurs par moment ça m’agace un peu car il bouffe du temps…


Mais cette fois-ci, ça m’a permis de voir un vendeur de mugs. Je collectionne les mugs de voyages. Il y a que des mugs étrangers sauf le fameux... « I love Afghanistan ». Loin d’être moche en plus. Je crois que je l’aime bien même.


Finalement, on décolle du marché. Je leur demande d’aller se balader dans les quartiers résidentiels pour voir un peu la vie des gens ou du moins où ils vivent.


Beaucoup de rues sont fermées à une extrémité pour éviter qu’il y ait trop de trafic - les enfants jouent dehors - et pour se sécuriser par rapport à d’éventuelles attaques.

Comme vous le devinez rien n’a été demandé à personne...c’est une prise d’initiative du comité de quartier.




NOTABENE

Je viens de prendre conscience que je n’ai pas entendu un seul enfant pleurer du voyage… et pourtant il y en a des enfants.


Ah oui, devinez combien ils en ont par familles? Minimum 3 ou 4 mais beaucoup de familles en ont jusqu’à 20… C’est à priori culturel mais maintenant cette tendance commence à diminuer avec les nouvelles générations. Mobin m’indique que les familles nombreuses sont très fréquentes (Il a 6 frères dont 2 décédés et 4 sœurs).


La polygamie est aussi monnaie courante ici. En effet, les afghans pratiquent très largement le mariage multiple. On a bien évidemment abordé le sujet et il m’a avoué qu’il avait rencontré une autre femme et qu’il y a songé. Heureusement, il n’avait pas les ressources financières pour assumer deux femmes, deux maisons...et le reste. Oui le sujet est financier pas idéologique.


En Afghanistan, les hommes peuvent avoir jusqu’à 4 femmes…


Je leur demande de rentrer. On récupère un Kebab à emporter. Je le mange et me couche. Les journées me fatiguent ici. Je sais pas si c’est le rythme, les bruits, la pollution…


Bonne nuit

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© 2017 par Damien Catala

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