Rechercher
  • Damien

Alep la légendaire - Syrie

Mis à jour : 10 mai 2019

J’ai eu froid toute la nuit! Un petit drap et pas de chauffage dans ma chambre…enfin je n’ai pas trouvé la télécommande.

Mon téléphone s’est allumé plusieurs fois dans la nuit. Ce sont les coupures d’électricité qu’il s’allume et s’éteint.


Nous partons à pied en direction du vieux souk d’Alep.

Le Musée National est en chemin. Nous nous y arrêtons pour voir s’il est ouvert. Adel se présente à l’entrée. Une personne du personnel s’approche le sourire au visage. Ils s’embrassent. C’est pas la première fois que je suis spectateur de ces scènes. Je suis touché de voir ces accolades fraternelles. Adel me propose de rentrer pour voir le jardin. Le musée ouvre dans 5 mois. Ils nous font une fleur.

Deux hommes descendent des marches en notre direction. Ils s’embrassent. Ils sont heureux de se voir. On nous propose le café. On se dirige dans une annexe du musée. Le café nous est servis autour d’une petite table. Adel me dit que je ne suis pas obligé. J’insiste pour honorer cette invitation. Le café est à la cardamome. Je m’accroche! Mon slip aussi!

Ils prennent des nouvelles les uns des autres. Le chef de l’équipe de sécurité du musée lui raconte son histoire depuis les événements.

Il a perdu un de ses deux fils à la guerre, sa maison a été détruite et il a du venir vivre plusieurs années dans le musée. Je suis abasourdi. Rien ne transparait.


#EMOTION

Nous arrivons aux vieux souks d’Alep. La ville était plus grande et plus dynamique que Damas pendant des années. 12 kilométres de souks contre 6 kilométrés à Damas. Il faut dire qu’Alep est plus au nord de la Syrie et se trouvait dans un axe commercial plus stratégique. C’est en plus de cela la première ville administrée au monde.

Les rideaux sont baissés ou ont explosé. Les toitures se sont écroulées sur les magasins. C’est apocalyptique. Nous sommes presque seuls dans ce dédale qu’on imagine facilement plein de vie et de mouvements. Les larmes lui montent aux yeux. Adel se met à pleurer. Je ne sais pas ou me mettre. Je le prends par l’épaule. Je m’en veux.



Plus nous avançons dans les ruelles en direction de la Citadelle d’Alep plus les rues sont détruites. Nous marchons à travers des débris de bâtiments. Nous rentrons dans 5/6 caravansérails. Certains plus grands que d’autres. L’un d’eux, nommé « la douane » est, ou était, dédié aux tissus. Un homme nous accoste. Ils échangent avec Adel. L’air ailleurs, il me dit « Ils repartent doucement ».


Nous continuons vers la mosquée.« Je crois que c’est par là mais je ne vois pas le minaret ». Le minaret est détruit. La mosquée fermée et des impacts dessinent les contours du lieux.


Toute la rue est détruite. Certains batiments qui tiennent encore témoignent des stigmates d’attaques armées. Impacts de balles et trous de canons ont remplacés les fenêtres de ces lieux abandonnés. Ci-et-là, des ouvriers s’affairent à nettoyer et reconstruire les commerces.

Avec leurs moyens, les Alepins reconstruisent leur cité.


Perchée sur sa colline dominant la ville, la citadelle d’Alep est majestueuse. Nous visitons cette forteresse qui est étonnamment dans un bon état quand les rues à proximité sont détruites.

La visite est très agréable car elle nous donne un panorama idéal sur la ville. Au nord, la ville tenue par le régime est en bon état. Au sud, la limitation avec les rebelles, les combats ont détruits bon nombre de bâtiments.




Nous partons à la recherche d’une fabrique de savons où Adel avait l’habitude de s’approvisionner. C’est malheureusement fermé. J’espère que nous pourrons visiter une fabrique avant notre départ. Le savon d’Alep est très réputé.



Nous continuons à déambuler dans la ville. Adel me montre des photos. Avant-après.

Il est 15h. Nous sommes partis de l’hôtel à 9h. Une petite pause s’impose avant de ressortir ce soir. On prends un sandwich aux fallafels. J’en paie un a une petite fille qui me demandait de l’argent.


Rendez-vous 16h30. Nous allons à la poste pour voir s’il est possible d’envoyer du courrier.




Adel me propose d’aller dans un parc. Il y a des familles qui profitent des derniers rayons de la journée. On s’assoit dans un café. Nous parlons politique syrienne. C’est terrible car ni lui, ni moi n’ont la moindre idée de savoir comment sortir de cette situation. Adel est pro Bachar…à défaut de n’avoir d’autre solution.



Nous sommes d’accord sur un point: la religion n’est qu’un moyen pour la politique. C’est cette raison qui met à feu et à sang le moyen-orient depuis tant d’année.

On se lève pour marcher et on tombe sur des enfants en train de se jeter dans l'eau du parc. Il pèle.



Le froid se fait sentir. Un sandwich arménien et nous rentrons à l’hôtel. Put*** qu’il est bon!


En traversant le « nouveau » souk, une coupure d’électricité met la rue dans le noir.


Arrivée à l’hôtel, nouvelle coupure d’électricité dans la rue. L’hôtel est dans le noir. Nous attendons dehors pour l’instant.



Demain, nous allons aller chercher une fabrique de savon dans la banlieue nord-est d’Alep avant de rejoindre Homs.


Bonne nuit

48 vues

© 2017 par Damien Catala

  • Black Instagram Icon

dc

reportages